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Que se passe-t-il avec nos saisons? (1re partie)

Daphne x transatlantica flowers on December 15, 2015 in the Shrub Garden
Credit: Espace pour la vie
Daphne x transatlantica flowers on December 15, 2015 in the Shrub Garden
Que se passe-t-il avec nos saisons? (1re partie)

Des pissenlits qui fleurissent en décembre? C’est arrivé cette année! Cette situation tout à fait inaccoutumée n’est qu’un exemple parmi d’autres des effets du débalancement ou déséquilibre que nous observons dans nos saisons depuis quelques années. Hivers aux poussées extrêmes de froid ou de chaleur, printemps hâtifs aux gelées tardives, automnes longs et secs, voilà les conditions qui semblent s’être installées sous nos climats. Comment ces revirements inattendus affectent-ils nos jardins?

Dans ce premier volet, examinons l’impact de ces écarts.

Complètement débalancées

Les changements dans l’arrivée et la durée des saisons ne datent pas d’hier. Depuis plusieurs années, les horticulteurs ont remarqué le réchauffement de nos climats et l’inconstance des saisons d’une année à l’autre. Une preuve concrète? La dernière carte des zones de rusticité publiée par Ressources naturelles Canada, qui compile des données s’étalant sur une période d’environ 30 ans : elle démontre clairement que l’ensemble du Québec a gagné presque une zone. Pour nos plantes indigènes, ces changements pourraient éventuellement modifier les paramètres composant les écosystèmes, ce qui demanderait à ces plantes une adaptation trop rapide.

Printemps hâtif et imprévisible

Souvent porteurs de chaleurs hâtives, nos printemps encouragent une floraison précoce : les feuillages et les boutons débourrent plus tôt alors qu’il y a toujours un risque de gel tardif, de plus en plus commun en avril et en mai. Bien que la plupart des plantes à floraison très printanière supportent quelques degrés sous zéro même en pleine floraison, les écarts pourraient être trop importants. Il n’est plus rare d’avoir des variations de température allant de -20 °C à +20 °C durant cette période, ce qui entraîne la perte de toutes les feuillaisons et floraisons. La plante produira de nouveaux boutons, mais ces traumatismes répétés la fragilisent. L’effet sera aussi ressenti par les arbres qui ont une écorce mince. Sous le choc des écarts de température, l’écorce fendille et se décolle littéralement de l’arbre. La sève peine alors à circuler et des sections entières de branches peuvent mourir et mettre en danger la vie de l’arbre, qui devient plus susceptible aux maladies et aux invasions d’insectes.

Automne sec qui s’étire

Autrefois frais et humides, nos automnes québécois sont de plus en plus chauds et secs et ils sont suivis par l’arrivée subite des températures froides de l’hiver. Nous apprécions ces belles températures, mais pour les plantes, il en est tout autrement, car elles ont besoin d’un refroidissement graduel pour s’endurcir aux rigueurs hivernales. Nos automnes trop doux empêchent cet endurcissement et, non préparées, les plantes auront de la difficulté à résister. Et comme elles font leurs réserves d’eau à l’automne, les longues périodes de sécheresse, maintenant chose commune, ne leur permettent pas d’emmagasiner assez d’eau pour l’hiver. Leurs réserves s’évaporent – une situation qui affecte particulièrement les conifères – et elles supportent très mal les écarts de température extrêmes désormais caractéristiques de la froide saison.

À suivre...

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