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Un bagage rempli d’espoir

Vue du Sedna IV du haut d'un mât © Marika D'Eschambeault / Glacialis Productions
Un bagage rempli d’espoir

Pendant quatre mois et demi, j’ai habité sur le Sedna IV, le bateau de la mission 1 000 jours pour la planète. J’imagine encore les détails de la petite cabine douillette qui m’a logée : l’odeur de l’eau salée sur l’oreiller, les secrets partagés avec les membres de l’équipage devenus mes amis et les souvenirs de longues heures de réflexion provoquées par les brillantes questions des élèves... Je suis maintenant de retour au Camp de base de la mission situé au Jardin botanique, mais une partie de mon âme de communicatrice scientifique est restée accrochée au vent qui fait gonfler les grandes voiles bleues du navire.

Deux ans d’attente n’ont pu me préparer à la marque indélébile que laisserait cette expérience unique sur mes valeurs et mes convictions. Mon bagage de retour est rempli d’espoir. Une montagne d’espoir puisée dans les dizaines de paires d’yeux rivés sur l’écran pendant des communications en direct avec les groupes scolaires. Au Camp de base ou dans leur classe, les élèves prennent la parole et n’hésitent pas à nous poser les questions les plus pertinentes et les plus marquantes.

Une question « qui tue »

Chaque classe recèle l’une de ces questions! J’entends ici les questions philosophiques ou éthiques qui nous portent à réfléchir sur l’humanité.

  • Pourquoi ne peut-on pas arrêter le braconnage?
  • Comment les pêcheurs parviennent-ils à rejeter à l’eau un requin encore vivant alors qu’ils savent que, dépourvu de ses ailerons, il est voué à une mort lente et pénible?

On pourrait croire que les jeunes sont démunis devant l’ampleur des problèmes environnementaux. Au contraire, ils sont en quête d’outils!

  • Que pouvons-nous faire, à six ans, pour sauver la planète?
  • Pour l’avenir de l’humanité, devrions-nous tous devenir végétariens?

Ainsi poussée par le désir d’agir, une classe a adopté un projet pour protéger le caribou des bois. Créatifs, les élèves d’une école ont fabriqué des coffres à crayons en réutilisant de vieilles chemises afin de financer leurs projets verts. Proactif, un groupe a envoyé une pétition à l’Assemblée nationale pour réclamer une consigne sur les bouteilles d’eau en plastique. Les jeunes cherchent des solutions. Au travers la fenêtre virtuelle qui s’ouvrait sur mon écran d’ordinateur, j’ai pu entrevoir le bourgeonnement d’idées d’une génération aux valeurs enracinées dans la protection de la nature.

Empreinte émotive

Campée dans un siège moelleux de cinéma la semaine dernière, j’observe la bande-annonce d’un film québécois qui fait résonner une chanson de Patrick Watson en dolby stéréo. Dans la pénombre, une vague d’émotion remonte en moi jusqu’à ce que débordent les larmes sur mes joues. Cette même chanson fut la trame sonore des moments les plus puissants que j’ai vécus à bord. Au beau milieu de l’océan Pacifique, j’ai écouté en boucle cet air qui rime désormais avec l’infinie liberté retrouvée au large. Dans un cinéma de quartier, la gratitude et la joie d’avoir eu la chance de vivre ces moments intenses de connexion avec la nature m’ont rattrapée… La mission se poursuit et je la suis ardemment au Camp de base. J’attends avidement le retour des classes afin de vivre à nouveau ces moments d’échanges complices avec les élèves, cette fois-ci, sur la terre ferme!

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3 Commentaire(s)
Portrait de Julie Bourbonnais
Julie Bourbonnais

Quel plaisir de te lire, encore une fois. Merci pour ce beau partage. Garder l'espoir, comme ses jeunes, voilà la clé...

Portrait de Mario Bonneau
Mario Bonneau

Quel beau billet!
Ça se lit comme un bateau glisse sur l'eau calme...

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Ton texte donne presqu'envie d'y retourner...! Très beau. Espérons que l'on gardera longtemps cette "empreinte émotive" en nous!

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