Blogue

Une belle pelouse est-elle profitable pour la biodiversité?

Un buffet floral avec des floraisons successives contribuera à attirer des pollinisateurs tout au long de la belle saison.
Credit: Espace pour la vie (Francis Cardinal)
Fleurs variées
  • Fleurs variées
  • Billots de bois
  • Champignons
  • Souches
  • Cônes de conifères
Une belle pelouse est-elle profitable pour la biodiversité?

Autrefois idolâtré, le gazon est en voie de se faire couper l’herbe sous le pied. Aujourd’hui, les terrains gazonnés sont si populaires que le pâturin des prés (Poa pratensis L.) est considéré comme la plante ornementale la plus cultivée au Canada. Et que dire du béton, le roi des villes? Le gazon est en voie de se faire remplacer par des jardins qui apporteront des services écologiques plus grands que des simples pelouses. Il apparaît évident que l’herbe « plus verte » chez le voisin, trop souvent tondue, sans trèfle, sans pissenlit et traitée aux pesticides ou les terrains asphaltés ne sont pas des milieux favorables à la biodiversité. 

Accepter de se remettre en question 

Avec un peu de recul, on comprend qu'une des actions les plus favorables pour la biodiversité est de la laisser se déployer. Ceci implique d’apprendre à apprécier les espèces moins charismatiques et de tolérer davantage le désordre. Les mauvaises herbes ne sont-elles pas simplement des plantes dont on ignore les vertus et qui poussent là où on ne les veut pas? Les champignons, pionniers de la vie sur la terre ferme, sont quant à eux des alliés négligés dans le recyclage des nutriments et sont présents en symbiose avec de nombreuses plantes. Les arbres morts, trop souvent abattus, servent de garde-manger à de multiples oiseaux tout en offrant des sites de reproduction privilégiés. Même son de cloche pour les feuilles mortes qui, trop souvent, se retrouvent dans des sacs plastiques alors qu’elles pourraient être valorisées pour retenir l’humidité du sol et servir de gîte à de nombreux invertébrés. 

Bien qu’ils ne soient pas indigènes, les pissenlits sont aussi un bon exemple. Pourfendus par certains, d’autres les mangent en salade. Les temps changent : rappelons-nous l’époque où il était bien vu de lancer du pain aux oiseaux.

L’humain a cette vilaine manie de vouloir tout contrôler ou nettoyer. Afin de faciliter le retour de la biodiversité dans nos jardins, il appert d’accepter de remettre en question certaines de nos habitudes. 

Les (bonnes) actions pour favoriser la biodiversité locale 

Tout cela peut sembler complexe pour des néophytes. Cependant, quelques astuces peuvent être adoptées facilement. 

  • D’abord, prioriser les plantes indigènes adaptées à sa région et surtout éviter d’introduire des espèces envahissantes.

  • Ensuite, miser sur la diversité est un gage de réussite. En effet, un jardin diversifié offrira à la faune de nombreux coups de pouce (nectar, abri, garde-manger, site de reproduction, etc.). Un peu comme pour vos finances, votre jardin sera davantage résilient si tous vos œufs ne sont pas dans le même panier.  

  • Ajoutez à cela de bonnes pratiques écologiques comme l'absence de pesticides, le compostage et le recours modéré aux fertilisants et vous obtiendrez un cocktail simple et efficace pour réduire vos impacts écologiques. 

Chaque espace vert compte

Finalement, c’est probablement la somme de toutes nos actions qui contribue à faire une différence. Imaginons un instant si tous les espaces vacants étaient aménagés en faveur de la nature. Votre cour et vos plates-bandes sont peut-être petites, mais elles contribueront tout de même à favoriser la biodiversité et serviront peut-être même de halte routière pour les espèces migratoires au sein d’un vaste corridor vert.

 

Partager cette page

Suivez-nous !

Abonnez-vous pour recevoir par courriel :
Ajouter un commentaire
Portrait de Anonymous