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Une meilleure année pour les monarques

Monarque
Une meilleure année pour les monarques

L’été 2014 apporte un peu d’espoir aux amoureux du célèbre papillon orangé. De nombreux indices pointent vers une augmentation substantielle de la population de monarques par rapport à celle de l’an dernier, qualifiée de catastrophique.

2013 : la plus petite population jamais enregistrée

Les observateurs de la nature vous le diront, il était presque impossible d’apercevoir des monarques durant l’été 2013. Chanceux étaient ceux qui pouvaient se vanter d’en avoir repéré un ou deux. La réduction dramatique de la population s’est vue confirmée lorsque, comme à chaque hiver, les spécialistes ont mesuré la superficie des forêts mexicaines couvertes par les monarques en diapause. Résultats : ces derniers n’occupaient que0,67 hectare, la plus petite population jamais rapportée, et une baisse de près de 50 % par rapport à l’année précédente!

2014 : des indices encourageants

Sous la loupe depuis mars, c’est-à-dire depuis leur départ du Mexique pour leur remontée migratoire vers le Nord, les monarques semblent s’être reproduits à un bon rythme au cours du printemps et de l’été 2014.

Les papillons monarques peuvent compter sur l’intérêt que leur porte le public, qui suit leur évolution et note les changements observables dans leurs populations. Des sites comme eButterfly et Journey North compilent les observations de naturalistes amateurs et professionnels sur l’ensemble du continent nord-américain. Par exemple, en 2014, le nombre d’observations de monarques enregistré sur ipapillon s’est vu multiplié par cinq par rapport à 2013 et le nombre d’individus signalés a décuplé.

Issu de l’Université du Minnesota, le programme Monarch Larva Monitoring Project (MLMP) compte sur une escouade de bénévoles pour dénombrer les œufs de monarques dans des parcelles d’asclépiades. Au Nord des États-Unis, la quantité d’œufs trouvés à la mi-juillet (2e génération) était cinq fois plus grande que l’année précédente, soit 0,1 à 0,2 œuf de monarque par plant (comparée à 0,02 à 0,04).

On devra patienter jusqu’à l’hiver

Tous ces indices sont encourageants. Toutefois cet automne, les monarques nés au nord de leur aire de répartition (la meilleure zone de reproduction) doivent encore franchir jusqu’à 4000 kmavant de rejoindre les sapins oyamel de la Sierra Madre, au Mexique, où ils passeront la saison froide. Un voyage risqué, plein d’embûches, dont plusieurs sont provoqués par les changements climatiques (sécheresse, froid, tempêtes, etc.) Ce n’est qu’une fois rassemblé dans les forêts montagneuses que l’on pourra avoir une idée de la taille réelle de la population de l’Est de l’Amérique du Nord. Certains chercheurs avancent déjà des estimations. Chip Taylor, initiateur du programme d’étiquetage de monarques Monarch Watch, croit que, si tout se passe bien pendant la migration, la population aura au moins doublé par rapport à celle de l’an passé.

Enthousiasme prudent

Tous les amoureux du monarque et de la nature en général ne pourront que se réjouir si la superficie couverte par les monarques double et atteint 1,4 hectare. Toutefois, ce sera encore bien loin de la moyenne annuelle des 20 dernières années, soit près de 8 hectares. Depuis dix ans, le nombre de monarques ne cesse de diminuer. La plupart des chercheurs s’entendent pour dire que la destruction de l’habitat de reproduction est le principal facteur de ce déclin. De grandes régions jadis accueillantes pour le monarque ne le sont plus, en particulier la région du centre Nord des États-Unis surnommée Corn Belt. La culture intensive de maïs et de soya transgéniques, qui supportent l’épandage d’herbicides, entraîne l’élimination de l’asclépiade commune, plante dont se nourrissent 90 % des chenilles de monarques (les autres choisissent différentes espèces d’asclépiades). Il est donc prudent de considérer le bel été 2014 comme un répit dans la pente descendante de la population des monarques.

Passer à l’action

Mais rien n’est perdu! La principale cause du déclin des monarques est connue : la perte d’habitat. Alors, plantons des asclépiades pour nourrir les chenilles et des fleurs nectarifères pour les adultes! Dès le printemps prochain, créez une Oasis pour les monarques chez vous!

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