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Une planète, deux lunes et des milliers de cailloux

Une image de Phobos, photographiée le 10 janvier 2007 par la caméra stéréo à haute résolution de la sonde Mars Express. La plus grosse et la plus rapprochée des deux lunes martiennes flotte ici juste au-dessus du limbe de Mars. L’image a été traitée pour faire ressortir les détails de la surface de cette lune.
Credit: ESA/DLR/FU Berlin (G. Neukum) / Colorisation : Maxime Pivin Lapointe
Mars and Phobos
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Une planète, deux lunes et des milliers de cailloux

Mars brillera de mille feux cet été, dans le ciel, tout comme au Planétarium Rio Tinto Alcan. À l’occasion du lancement de deux nouveaux spectacles, Un jour sur Mars et Astéroïde : mission extrême, explorons quelques liens qui unissent la planète rouge aux vagabonds interplanétaires!

Spirale de la mort

Il suffit d’un coup d’œil à Mars pour comprendre que son histoire a été marquée, c’est le cas de le dire, par les astéroïdes. Quelques décennies d’observation à l’aide de sondes en orbite ont même permis d’y observer la formation de nouveaux cratères d’impact météoritique.

Nous pouvons même prédire qu’un impacteur d’une vingtaine de kilomètres s’abattra « bientôt » sur Mars. Il s’agit en fait de Phobos, l’une des deux lunes martiennes. Phobos orbite si rapidement autour de Mars que les forces de marée qu’elle engendre accélèrent la rotation de la planète. En contrepartie, cette petite lune perd en énergie et en altitude, se rapprochant de Mars de 2 centimètres par année. C’est approximativement la vitesse à laquelle poussent vos ongles. Pas bien vite donc, mais assez pour faire plonger Phobos dans l’atmosphère martienne d’ici 50 millions d’années. Vous comprendrez que les passionnés d’astronomie, habitués de parler en terme de milliards d’années, ont une définition de « bientôt » qui est assez flexible!

Question en flottement

Mais est-ce que ce sera vraiment un astéroïde qui s’abattra alors sur Mars? L’origine des satellites naturels martiens est encore débattue. Trois modèles s’opposent : la capture d’astéroïdes; la formation sur place; et l’agglomération de débris d’impact. L’observation de la surface des lunes martiennes tend à favoriser la première hypothèse. Leur composition chimique se rapproche de celle de certains astéroïdes étudiés. Par contre, leur orbite est presque parfaitement circulaire et parallèle à l’équateur de Mars. Cette configuration milite plutôt en faveur d’une formation par agglomération, soit au moment de la formation de la planète ou à la suite d’un impact majeur qui aurait éjecté des débris de la surface martienne vers l’espace.

Réponse à venir

C’est peut-être seulement lorsque nous étudierons des échantillons de ces lunes que nous pourrons résoudre le mystère de leur origine. La mission russe Phobos-Grunt avait cet objectif avant qu’un dysfonctionnement ne l’empêche de quitter l’orbite terrestre, en 2011. Heureusement, quelques fragments de corps célestes font parfois leur chemin jusqu’à nous sans qu’on ait à aller les chercher. En attendant qu’un authentique morceau de Phobos ne nous tombe sur la tête, les scientifiques, tout comme les visiteurs de notre collection de météorites, pourrons examiner des cailloux qui proviennent des astéroïdes, de la Lune, et même de Mars!

Astéroïde : mission extrême / Un jour sur Mars

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