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Une première ferme d’élevage d’insectes feuilles en Indonésie

Grande enceinte en bois pour cultiver différentes espèces de plantes hôtes
Credit: Monsieur Cayana
Grande enceinte en bois pour cultiver différentes espèces de plantes hôtes
  • Grande enceinte en bois pour cultiver différentes espèces de plantes hôtes
  • Plusieurs espèces d’insectes feuilles
  • Paysage Indonésie, Java Ouest
Une première ferme d’élevage d’insectes feuilles en Indonésie

De nos jours, il existe des centaines de volières à papillons dans le monde. Ces dernières hébergent des chrysalides qui proviennent de fermes d’élevage situées en Amérique centrale et du Sud, en Afrique et en Asie du Sud-Est. Ces fermes d’élevage dites « équitables » génèrent des revenus pour la communauté grâce à la vente de chrysalides. Elles contribuent aussi à protéger la forêt en achetant des parcelles de plus en plus vastes chaque année. Les communautés et la population sont de plus en plus sensibles que la forêt représente une ressource économique et qu’il est crucial de la protéger autant que possible. Un exemple remarquable est celui d’El Bosque Nuevo Butterfly Farm, au Costa Rica, qui a commencé avec 36 hectares et qui possède aujourd’hui plus de 285 hectares de forêt tropicale! Ces fermes d’élevage sont souvent impliquées dans la sauvegarde d’espèces rares de papillons par des programmes spéciaux. Lorsqu’une espèce est menacée ou vulnérable, ces fermes d’élevage sont sollicitées pour en faire un élevage intensif et en relâcher dans la nature dans des endroits stratégiques pour leur survie. 

C’est sur la base de ces fermes d’élevage de papillons que l’idée est née chez Maman Cayana, un ami et collaborateur de l’Insectarium, de créer la toute première ferme d’élevage d’insectes feuilles au monde. Ce dernier a construit une grande enceinte en bois sur son terrain et cultivé différentes espèces de plantes hôtes qui servent de nourritures pour plusieurs espèces d’insectes feuilles comme la Phyllie de Java et la Phyllie de Jacobson. Avec l’autorisation du gouvernement indonésien, la collaboration et le soutien financier et scientifique de l’Insectarium de Montréal, cet éleveur d’insectes feuilles produit chaque année de manière équitable des centaines de spécimens destinés à des scientifiques et des musées dans le monde. Les profits sont réinvestis dans la communauté et les impacts environnementaux sont minimisés. Cette initiative répond à une demande tout en ne prélevant aucun individu dans la nature.

Il faut savoir qu’en Asie du Sud-Est, de nombreuses forêts sont menacées de destruction pour céder la place à des monocultures comme celle de l’huile de palme. Certaines espèces sont rares et très localisées et la destruction de leur habitat amène une perte de la biodiversité.

Il y a fort à penser que dans le futur, de nombreuses autres espèces d’insectes rares, menacées ou en voie de disparition feront l’objet d’un élevage afin d’accroître le nombre d’individus vivants dans la nature. Le déclin des insectes, tant au niveau des espèces que de leur biomasse, fait l’objet de nombreuses études scientifiques, mettant en lumière le rôle écologique important de ces organismes pour la planète. Espérons que ces programmes d’élevages seront un grand succès. 

Pour en découvrir plus sur le rôle essentiel des insectes et arthropodes
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