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Vingt ans déjà au Jardin des Premières-Nations!

Jardin des Premières-Nations du Jardin botanique
Credit: Espace pour la vie (Raymond Jalbert)
Jardin des Premières-Nations du Jardin botanique
  • Jardin des Premières-Nations du Jardin botanique
  • Jardin des Premières-Nations du Jardin botanique
  • Inauguration du Jardin des Premières-Nations
  • Nathalie Picard, Jardin des Premières-Nations, 2015
  • Ivanie Aubin-Malo, Fête de la Sagabone au Jardin des Premières-Nations, 2018
Vingt ans déjà au Jardin des Premières-Nations!

C’est par une belle journée du mois d’août que le Jardin des Premières-Nations a été inauguré au Jardin botanique de Montréal, il y a bientôt 20 ans. Je suis arrivée en poste comme agente culturelle le 10 septembre 2001, la veille de cet événement qui allait changer le monde. Je me souviens d’avoir vu la première image de ce qui se passait à New York sur l’écran de mon ordinateur, au pavillon principal… Je ne sais pas pourquoi, mais le 11 septembre a été un élément propulseur pour le nouveau travail qui m’attendait au Jardin. Une voix intérieure me disait: la planète est en train de changer, profitons-en pour rapprocher les peuples de manière pacifique.

Un Jardin de rencontres

Parmi les objectifs souhaités par le comité d’experts autochtones, il s’agissait de créer un lieu de rencontres entre les cultures et un lieu de guérison. Au fil des ans, ce Jardin est devenu non seulement un allié du milieu culturel et artistique des 10 Premières Nations et des Inuit*, mais il est aussi devenu un repère pour bien des visiteurs en quête de rapprochements et de connaissances sur ces cultures. La dimension humaine a toujours été importante au cœur des activités et événements. Ce milieu naturel offre un contexte idéal pour tisser des liens entre l’humain et la nature, mais aussi entre les humains de cultures diverses. Dans la philosophie des peuples autochtones, l’un ne va pas sans l’autre, tout est interrelié, de la plus petite forme de vie à la plus grande. C’est ainsi que la programmation culturelle met l’emphase sur les forces vives du milieu. Par exemple, nous avons reçu des sages, des spécialistes de la botanique, des artistes de la scène, des poètes, des artistes en arts visuels, des artisans d’art, des auteurs, des cinéastes et bien plus encore!

Le grand défi de ce Jardin était d’en faire un lieu habité. Je suis certaine que toutes ces belles énergies déployées durant toutes ces années par des gens inspirants ont façonné d’une certaine manière le lieu et l’ont imprégné d’un esprit particulier. Pour les peuples autochtones, la dimension immatérielle des choses est aussi importante que la dimension matérielle. Il s’agit toujours d’une connexion entre le monde terrestre et le monde céleste.

Toujours un pas en avant

Dans les années à venir, nous souhaitons intégrer davantage les jeunes autochtones dans la réalisation des activités culturelles et artistiques. Il y a beaucoup de talents chez ces jeunes et ils souhaitent vivement s'exprimer. Le milieu naturel est très inspirant pour eux. Comme autre projet, le Jardin intègre dans son aménagement paysager plusieurs poèmes de reconnaissance envers la Terre Mère. Ce sont des écrits de guides spirituels masculins principalement. Nous souhaitons également mettre en valeur les poétesses autochtones, qui sont très dynamiques dans le milieu culturel actuel. Certaines ont une visibilité plus grande avec les médias sociaux et le milieu télévisuel. Au cours de l’année, il y aura une exposition de photographies (reproductions) tirées des archives de la collection de Jacques Rousseau, ancien directeur du Jardin botanique et de Lisa Qiluqqi Koperqualuk, conservatrice-médiatrice de l'art inuit au Musée des beaux-arts de Montréal. Cette collaboration est très précieuse, car elle démontre l'attachement du milieu autochtone au Jardin botanique de Montréal. Il s'agit vraiment d'une appropriation de l'institution. 

Une des grandes qualités du Jardin des Premières-Nations est d’être un lieu permanent, bien intégré à Espace pour la vie, qui ne pourra que se bonifier avec les années. Depuis son ouverture, une belle diversité culturelle fréquente nos sentiers. Le Jardin occupe une place modeste dans tout ce processus de guérison et de réconciliation, mais il est grandement souhaité dans un avenir prochain, qu’il y ait de plus en plus de lieux pour faire connaître et diffuser la richesse de ces cultures. Permettons-nous de rêver encore, car nos ancêtres associaient le rêve au bien-être global de l’être humain. Et quoi de mieux qu’un jardin… pour rêver!

 * L'orthographe du mot Inuit respecte la langue d'origine. Inuit est un mot pluriel qui signifie «les hommes», «le peuple», «les gens».

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