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Forêt feuillue

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Les Mowhawks appellent l'orme d'Amérique (Ulmus americana) le bois au grain enchevêtré
Crédit photo : Jardin botanique de Montréal (Gilles Murray)
Ulmus americana
  • Ulmus americana
  • Acer saccharum
  • Allium ticoccum
  • Vaccinum sp.
  • Crataegus chrysocarpa f. rubescens
  • Juglans nigra
  • Asarum caudatum
  • Zea mays
  • Helianthus annuus
  • Pinus strobus
  • Phaseolus vulgaris
  • Shaputuan
  • Thuja occidentalis

Les gardiens de la forêt feuillue

Cinq nations habitent la forêt feuillue depuis des temps immémoriaux : les Abénaquis, les Malécites, les Micmacs, les Hurons-Wendats et les Mohawks. Leur propre nom – Wôbanaki, « Terre de l'Aurore »; Wulustuk, « rivière Saint-Jean »; Mi'gmaq; « Les Alliés » sans doute; Wendat, « Ceux de l'île »; et Kanien'kehá:ka, « Peuple du Silex » – évoque autant de liens à la terre que d'origines diverses. Les premiers, plutôt nomades anciennement, font partie de la grande famille culturelle et linguistique des Algonquiens; les deux derniers, plus sédentaires grâce à l'agriculture, font partie de celle des Iroquoiens. Ces peuples partagent une même forêt, où prédominent l'érable à sucre, le frêne et l'orme, mais où croissent également des conifères comme le pin et la pruche. C'est la forêt la plus diversifiée du Québec et ses ressources abondent.

Le climat doux et le sol fertile de cette terre de feuillus ont permis de développer des pratiques agricoles, surtout celles du maïs, des haricots et des courges. Les Mohawks et les Hurons-Wendats en ont fait leur nourriture de base. Les Abénaquis pratiquaient aussi l'agriculture mais, comme les Malécites et les Micmacs, ils vivaient davantage de chasse, de pêche et de cueillette. Le sous-bois de la forêt feuillue regorge de plantes herbacées, cueillies entre autres pour leurs bulbes comestibles ou leurs propriétés curatives, tels les trilles ou l'ail des bois.

L'érable à sucre

Grand arbre caractéristique des forêts feuillues du sud du Québec, l'érable à sucre (Acer saccharum) est vraiment prestigieux. L'automne, il donne aux forêts une flambée de couleurs et, au printemps, il fournit une sève dont le contenu en sucre est d'environ 3 %. Toutes les nations autochtones voisinant la vallée du Saint-Laurent en tirent encore bénéfice et connaissent les secrets de sa liqueur, de son bois et de son écorce depuis longtemps.

Dans le calendrier religieux traditionnel mohawk, l'érable est le seul arbre auquel est dédiée une cérémonie importante. Chaque printemps, un officiant lui adressait des actions de grâces, transmises par une fumée obtenue en jetant du tabac sur un feu cérémoniel. Un festin communautaire suivait. La sève d'érable était cueillie partout dans des casseaux d'écorce, une tradition encore vivante chez les Algonquins et Attikameks du Québec. L'érable fournissait un bois d'uvre aux Malécites et aux Abénaquis, une écorce comestible aux Mohawks et une écorce médicinale aux Micmacs. La sève d'autres espèces, notamment le bouleau, était aussi consommée.

L'arbre à panier

Les forêts méridionales du Québec recèlent trois espèces de frêne : le frêne blanc, le frêne rouge et le frêne noir. Arbre de 20 mètres de haut, au tronc long et grêle, le frêne noir, très répandu, vit en pleine lumière le long des cours d'eau et dans les boisés marécageux, mélangé à d'autres espèces. Coupé, encoché, battu, machiné, roulé, il fournit des languettes de bois minces et souples que les Abénaquis tressent avec du foin d'odeur pour façonner des paniers similaires à ceux des Hurons-Wendats et des Micmacs. Facile à cintrer, le frêne blanc sert à fabriquer les raquettes chez les Abénaquis et les Malécites, et les manches d'outils chez les Micmacs.

Une légende abénaquise...

Au début, il n'y avait que des plantes et des animaux sur la terre. Satisfait mais ennuyé, le Grand Esprit voulut qu'y vive aussi l'être humain, qu'il sculpta dans un grand frêne droit, ou mkazawi maahlakws. Ainsi est né le peuple de l'Est, ce qui explique l'attachement des Abénaquis pour le frêne.

Les dons de la terre

Année après année, la terre offre au cueilleur une multitude de plantes comestibles, aromatiques, médicinales, colorantes. Année après année, chaque nation y puise une centaine d'espèces contribuant au bien-être général de ses membres. Dans le calendrier, les plantes de cueillette tiennent une place de choix. L'érable et le fraisier se voyaient consacrés chacun une cérémonie d'action de grâces chez les Mohawks. Au moins six noms consécutifs de mois réfèrent aussi à la croissance végétale en iroquoien : d'avril à septembre, onerahtokha, « petite feuille »; oneratakowa, « grande feuille »; oiariha, « fruit peu mûr »; oiarikowa, « fruit bien mûr »; seskeha, « les broussailles »; et sehske'ko:wa', « grandes broussailles ».

La cueillette revient surtout aux femmes dans les sociétés autochtones. En terre abénaquise, l'eau d'érable, les frondes de fougères et l'ail des bois sont récoltés au printemps, les fraises des champs, les framboises, les mûres, les groseilles et les bleuets sont récoltés à l'été, le pimbina à l'automne et, selon les saisons, les plantes médicinales. En Iroquoisie, l'automne était le temps du ramassage des glands et des noix; les fruits de la cueillette étaient ensuite consommés frais ou conservés pour servir d'aromates dans des préparations comme la bouillie de maïs (ou sagamité) des Hurons-Wendats.

Des baies pulpeuses à la pâte de fruits

« En beaucoup d'endroits, contrées, îles et pays, le long des rivières et dans les bois, il y a si grande quantité de bleuets, que les Hurons appellent ohentaqué, et autres petits fruits, qu'ils appellent d'un nom général hahique, dont [ils] font sécherie pour l'hiver, comme nous faisons des prunes séchées au soleil et cela leur sert de confitures pour les malades et pour donner goût à leur sagamité et aussi pour mettre dans les petits pains qu'ils font cuire sous les cendres. » (Gabriel Sagard, 1624)

Fruits à chair pulpeuse, les fraises, les framboises, les mûres, les groseilles et les bleuets ont de tout temps contribué à l'alimentation autochtone. Leur nom autochtone est tout aussi notable. Mskikoimins, « baie des petites herbes », et gôwakwimen, « baie du porc-épic », en abénaquis évoquent bien le milieu de croissance du fraisier ainsi que les épines des groseilliers. Kmu:jemin, « baie du bois », et maqtewiman, « baie noire », en micmac rappellent les tiges ligneuses du framboisier et les fruits foncés du mûrier. Pkuman, « baie gommeuse », le bleuet des Micmacs, a peut-être un lien avec la célèbre pâte obtenue par séchage et par cuisson des petits fruits, qui peut se conserver pendant plusieurs années.

Des fruits aussi gros que prunes de Damas

L'aubépine parvient à maturité seulement à l'automne avec des fruits – « aussi gros que prunes de Damas », disait Jacques Cartier en 1535 –, alors prêts pour la cueillette et la consommation. Comme le cerisier, le prunier, le pimbina et l'amélanchier, l'aubépine a cependant plus d'une histoire à raconter. Celle de l'aubépine commence avec les Iroquoiens qui sont en partie responsables de sa propagation : la plante a besoin, pour s'épanouir, de grands espaces secs, un milieu qu'ils ont développé grâce au défrichement fréquent de nouveaux champs. L'arbre porte au moins quatre noms en mohawk selon la couleur, la forme ou la grosseur de son fruit, la cenelle.

L'histoire des autres plantes fructifères parle de fruits comestibles mais aussi de gastronomie, de boissons et même d'un jeu de chance. Parmi les plats cuisinés, il y a une préparation iroquoienne de cerises et de viande en poudre et une gelée de pimbina que préparent encore aujourd'hui les Abénaquis. Les breuvages comprennent une boisson micmaque d'écorce de prunier et un thé iroquoien de rameaux d'amélanchier. Mais c'est avec les noyaux des pruniers, par contre, que les Hurons-Wendats confectionnaient six dés pour un de leurs jeux, mieux connu chez les Iroquoiens sous le nom de jeu de pêche.

Des noix qui voyagent

Glands de chêne, noix de caryer et de noyer, noisettes du noisetier, tous ces fruits font partie de l'histoire des populations autochtones depuis plus de 7 000 ans. Les enclumes de pierre utilisées pour les casser se trouvent encore aujourd'hui dans les sites archéologiques. La présence d'écales de noix du noyer cendré à l'île Verte, à 100 km au nord de son aire de distribution, est un témoin vivant de sa vaste circulation dès l'an 1 200. Lors de sa rencontre avec des Iroquoiens de Québec (Stadaconé) à Gaspé en juillet 1534, Cartier mentionne d'ailleurs qu'ils ont avec eux des noix « caheya » provenant vraisemblablement de la récolte de l'année précédente. La présence de noyers cendrés à Kitigan Zibi, en Outaouais, suggère aussi une influence des Algonquins sur l'aire de distribution de cet arbre.

Traditionnellement, ce sont surtout les femmes et les enfants qui cueillaient et préparaient ces fruits. Les Hurons-Wendats faisaient bouillir plusieurs fois les glands dans la cendre pour en éliminer l'amertume. Les Mohawks utilisaient les noix dans la fabrication de galettes ou de la bouillie de maïs et les Iroquoiens extrayaient également une huile de noix utilisée pour assaisonner citrouilles, courges et autres ou, encore, comme fixatif capillaire.

Le pouvoir des herbes

Les herbes ont des pouvoirs secrets que l'expérimentation à elle seule ne peut dévoiler. Des récits, des rêves, des révélations ont aussi été à l'origine de ces connaissances. Chez les Hurons-Wendats, les remèdes proviendraient des enseignements d'un ours mythique. Une variante iroquoise attribue au clan de l'Ours la réception de ce savoir. Que les plantes médicinales soient nommées grands-pères par certains Iroquoiens ne peut étonner, puisque l'ours est souvent appelé ainsi chez les Autochtones.

La pharmacopée des Premières Nations est parfois complexe et les prescriptions entourant la cueillette des herbes le sont également. Les Malécites et les Micmacs cueillent les plantes en commençant par la partie exposée aux premiers rayons solaires, car le pouvoir alors conféré par l'astre du jour serait à son apogée. Les Micmacs font un remède composé de sept mélanges, contenant chacun sept plantes différentes, ce nombre étant un symbole déterminant dans leur cosmologie.

Le gingembre sauvage, l'hamamélis, le capillaire, la dentaire, la sanguinaire et l'apocyn chanvrin ne sont que quelques-unes des plantes aux propriétés bénéfiques utilisées en médecine pour leurs propriétés multiples, en teinturerie pour leur pouvoir colorant, ou, comme plante textile, tel l'apocyn chanvrin qui était autrefois ramassé et filé par les Huronnes-Wendates.

Femmes du maïs

C'est de la sépulture d'une Iroquoienne qu'est apparu le maïs, surgissant de ses seins. Le maïs est souvent représenté par une femme dans la mythologie des Mohawks et des Hurons-Wendats et il était cultivé par les femmes.

Aussitôt les surfaces défrichées par les hommes, les femmes travaillaient le sol, armées de petites houes. Elles plantaient ensuite le maïs dans des buttes, suivi généralement de ses soeurs, les haricots et les courges. Les champs pouvaient compter des milliers de buttes, le maïs constituant jusqu'à 65 % de l'alimentation des Iroquoiens. La première récolte de maïs vert avait lieu en août chez les Mohawks et, comme les semailles et la moisson d'automne, elle donnait lieu à de nombreuses fêtes et cérémonies. L'épuisement des sols et des ressources en bois de chauffage obligeait toutefois à la relocalisation périodique des villages, environ tous les 15 ans.

Surnommé blé d'Inde par les Européens, le maïs est originaire d'Amérique. Les Autochtones ont développé d'innombrables variétés, dont cinq au moins cultivées par les Mohawks : une de maïs dur, deux de maïs à farine, une de maïs sucré et une de maïs soufflé. Le maïs était le produit d'échange par excellence pour obtenir les fourrures du Nord. Sa culture a été introduite au nord-est du continent il y a 3 000 ans.

Plantes de lumière et de l'esprit

Plantes de lumière et de l'esprit, le tabac et le tournesol étaient cultivés partout par les Iroquoiens, le premier par les hommes dans certaines régions où, apparemment, ils étaient les seuls à en fumer. « Il confère de l'esprit » disait-on de cette plante, qui était utilisée lors des cérémonies religieuses, aux séances de guérison ou lors de festins où on ne faisait que fumer. Le tabac est encore semé à Kahnawake, près de Montréal, et il est toujours utilisé dans les cérémonies.

Quant au tournesol, plante de lumière, il était cultivé pour ses graines dont on tirait une huile servant d'assaisonnement ou de lotion capillaire. Ses fleurs solaires sont probablement aussi à l'origine de motifs décoratifs dans l'art iroquoien.

Une légende huronne-wendate...

Décédée loin de son village, une jeune fille du clan des Faucons fut renvoyée à sa communauté dans le corps d'un faucon géant. Elle sortit du cadavre de l'oiseau, réduit en cendres, les mains pleines de semences qu'elle planta aussitôt dans les cendres. Il en poussa des plants de tabac dont la jeune fille enseigna l'usage aux siens.

L'arbre de paix

Pouvant atteindre au-delà de 35 mètres de haut, le pin blanc est l'un des plus grands arbres de l'Est du Canada. Prospérant rapidement en pleine lumière, sa taille et son port particulier le rendent bien visible en forêt. Nul doute qu'il sert toujours de repère dans la forêt aux Algonquins. Nul doute qu'il ait connu et connaît toujours une pléiade d'utilisations : tronc évidé en pirogue chez les anciens Iroquoiens, palissades de troncs dans les villages hurons-wendats, remède pour toutes les Premières Nations. Nul doute encore qu'il soit devenu l'emblème de la Ligue des Cinq-Nations et un repère symbolique dans les mythes, les discours diplomatiques et les représentations artistiques iroquoiennes. Arbre de vie, Arbre de paix, Arbre céleste, le pin fut l'une des images fortes qu'employa le grand chef Kondiaronk alors qu'une année avant la signature de la Grande Paix de Montréal de 1701, il évoquait ainsi la paix future devant les nations réunies : Le soleil a aujourd'hui dissipé tous les nuages pour faire paraître ce bel arbre de paix...

Les trois soeurs

La légende veut que le maïs, les haricots et les courges aient l'apparence de trois belles femmes, très affectueuses, et adorant être ensemble. La coutume veut qu'elles soient appelées les Trois soeurs, ou De-o-ha'-ko, qui signifie « Notre vie », « Notre soutien » en langue iroquoienne. Ces trois plantes constituaient l'alimentation de base des anciennes sociétés huronne-wendate et mohawk. Plantées, récoltées, consommées ensemble, elles faisaient aussi l'objet de cérémonies communes d'action de grâces : bénies lors des plantations de printemps, évoquées en priant le Tonnerre de bien les arroser durant l'été et célébrées à l'automne au moment de la récolte. Un chant de femmes iroquoiennes évoque ce jour de retrouvailles : « Les Trois soeurs sont heureuses maintenant, car elles sont de nouveau chez elles après avoir passé l'été aux champs. »

La culture intercalaire des Trois soeurs qui se pratique encore aujourd'hui procure plus d'un avantage agricole. Les grandes feuilles du maïs protègent les courges du vent et du soleil et celles des courges empêchent les mauvaises herbes de pousser tout en gardant l'humidité. Fixant l'azote dans le sol, les haricots s'enroulent autour des tiges du maïs pour se hisser vers la lumière.

L'art des maisons-longues

L'art architectural autochtone atteint dans le nord-est de l'Amérique des sommets inégalés avec la majestueuse maison-longue iroquoienne. Les anciens villages de Stadaconé et de Hochelaga, près du fleuve Saint-Laurent, comptent des dizaines de ces maisons mesurant en moyenne 25 mètresde longueur et 6 ou 7 mètrestant de largeur que de hauteur. Pouvant loger chacune de 5 à 6 familles d'environ 5 individus, ces habitations construites par les hommes se nomment Karonta'seronnion en iroquoien et ganonchia en huron-wendat. Leur structure en forme de tonnelle est faite de pièces de bois disposées verticalement et horizontalement et recouverte de longues dalles d'écorce, préférablement d'orme ou de cèdre. À l'intérieur, au centre, des foyers chauffent la maison et sont partagés par deux familles se faisant face. Un porche, parfois deux, ferme l'extrémité et sert à entreposer maïs et bois de chauffage.

Ces maisons-longues, adaptées à la culture du maïs qui favorisa une plus grande sédentarité, ont perduré pendant près d'un millénaire, jusqu'au 18e siècle au moins. Elles font encore partie de l'identité des Mohawks et des Hurons-Wendats. Des habitations longues, de dimensions plus modestes, sont encore utilisées par certaines nations algonquiennes nordiques, notamment le kichiihchauukimikw rectangulaire des Cris, qui peut accommoder de 2 à 3 familles durant l'hiver, et le shaputuan similaire des Innus.

Le bois au grain enchevêtré

Okárati ou bois « au grain enchevêtré » en mohawk, l'orme d'Amérique (Ulmus americana) se reconnaît facilement à sa silhouette évasée, ses nombreux rameaux s'étalant en éventail vers l'extérieur et sa cime gracieuse en forme de parasol. C'est l'un des plus grands arbres de la forêt feuillue. Son appellation mohawk rappellerait la difficulté à fendre son bois tant les fibres sont enchevêtrées; on le fend donc uniquement lorsqu'il est gelé.

L'écorce des diverses espèces d'orme connaît plusieurs usages. Anciennement, les Abénaquis en faisaient des bières funéraires; les Hurons-Wendats, divers contenants; les Mohawks, des dalles pour recouvrir les maisons-longues ou des contenants en forme de tonneaux et, avec l'écorce tordue, des harnais pour l'attelage des chiens. L'écorce servait aussi aux Iroquoiens pour fabriquer des canots d'écorce, certes de moindre qualité que les canots algonquiens en écorce de bouleau, mais qui pouvaient transporter jusqu'à 20 personnes à la fois. Une seule pièce d'écorce d'orme suffit, montée sur une charpente en bois et colmatée aux deux bouts. Avec l'écorce d'orme, les Micmacs produisent une teinture, les Mohawks une tisane préparée aussi avec l'écorce du chêne et utilisée comme médicament.

Le mystère de l'annedda

Des Amériques s'est répandu dans le monde entier l'usage de nombreuses plantes, comme le maïs, la pomme de terre, la tomate, mais aussi la coca et le quinquina pour leurs propriétés thérapeutiques. S'il est une plante qui aurait mérité autant cette diffusion mais dont l'identité exacte n'a pas encore été dévoilée, c'est bien l'annedda, qui sauva Jacques Cartier et son équipage à leur deuxième voyage au Canada, en 1535. Durant l'hiver, plusieurs membres de l'équipage de Cartier sont frappés du scorbut, causé par une carence en vitamine C. Plusieurs en meurent. À la demande de Cartier, les Iroquoiens de Stadaconé, qui en connaissaient la cure, administrent aux survivants une décoction d'annedda qui les guérit en quelques jours. D'après les spécialistes, l'annedda est sûrement un conifère, et il pourrait s'agir du cèdre blanc (Thuja occidentalis), qu'on nommait autrefois arbor vitae, ou arbre de vie, car il « conserve la vie ».

Les Mohawks connaissent bien les bienfaits du cèdre pour avoir utilisé ses feuilles en infusion. Arbre pluricentenaire, son bois semble aussi parfaitement convenir pour assurer une longue vie aux objets dont il forme l'ossature : membrures de canots algonquiens, tiges de flèches micmaques et malécites et montures de paniers algonquins. 

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