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Passage de Mercure - 11 novembre 2019

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La petite silhouette ronde de la planète Mercure, photographiée devant le Soleil lors de son passage du 9 mai 2016. Les autres zones sombres sont des taches solaires.
Crédit photo : Marc Jobin / Espace pour la vie
Passage de Mercure du 9 mai 2016

MISE EN GARDE IMPORTANTE
Il ne faut jamais regarder directement le Soleil, à moins de placer un filtre spécialement conçu entre ses yeux et le Soleil.
Conseils pour l'observation du soleil

Les observateurs du Québec auront bientôt la chance d’assister à un phénomène astronomique peu commun. Le 11 novembre 2019, Mercure passera exactement entre le Soleil et la Terre : pendant quelques heures, la planète apparaîtra en silhouette devant la surface de notre étoile.

Un passage, c’est quoi ?

La planète Mercure est la première dans l’ordre de distance à partir du Soleil. Elle circule donc sur une orbite plus petite que celle de la Terre. Alors que la Terre boucle une révolution autour du Soleil en un an, Mercure ne met que 88 jours à compléter la sienne.

À tous les 116 jours en moyenne, Mercure rattrape la Terre et repasse entre nous et le Soleil : ce moment s’appelle la conjonction inférieure. En général, la planète passe alors largement au-dessus ou en dessous du Soleil, parce que son orbite est inclinée de 7 degrés par rapport à celle de la Terre. Mais en de rares occasions, lorsque la conjonction inférieure survient pendant une fenêtre de quelques jours au début de mai ou de novembre, l’alignement est tel que Mercure glisse directement devant le disque du Soleil : c’est un passage. (Le terme transit est un anglicisme dans ce contexte.) Au cours d’une période d’un siècle, on compte seulement 13 ou 14 passages de Mercure.

Les passages de Mercure devant le Soleil, mais surtout ceux de Vénus (beaucoup plus rares) ont marqué l’histoire de l’astronomie. Les astronomes James Gregory (1638–1675) et Edmund Halley (1656–1742) ont décrit une méthode utilisant l’observation minutieuse de ces phénomènes pour établir l’échelle absolue des distances entre les planètes du système solaire — et, de là, la distance aux étoiles. En pratique, la planète Mercure est trop petite et difficile à observer pour fournir des mesures fiables; c’est pourquoi les astronomes des 18e et 19e siècles se sont surtout concentrés sur les passages de Vénus. Consultez notre dossier sur le passage de Vénus de juin 2012 pour en apprendre davantage.

De nos jours, on mesure la distance de la Terre aux planètes avec une très grande précision (de l’ordre du mètre) grâce notamment aux échos radar. L’intérêt des passages de Mercure et de Vénus tient donc surtout à leur rareté et aux événements historiques qu’ils rappellent. Mais les passages de Mercure et Vénus devant le Soleil ne sont pas les seuls que nous pouvons observer : depuis quelques années, on mesure la petite diminution de lumière causée par le passage de planètes en orbite autour d’étoiles lointaines pour estimer la taille et mesurer la période orbitale de ces exoplanètes.

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