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Savoirs et savoir-faire

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Le maïs (Zea mays) a de nombreuses utilités
Crédit photo : Danielle Sheree
Zea mays
  • Zea mays
  • Betula papyrifera
  • Anthoxanthum odoratum
  • Fagus grandifolia
  • Raquettes queue de castor de fabrication mistassini (Lac Mistassini 1944)
  • Répartition géographique des nations autochtones du Québec
  • Lieu historique du commerce à la fourrure, Lachine

Les multiples usages du maïs

Les Hurons-Wendats et les Mohawks connaissent les nombreuses utilités du maïs. Ils en ont éprouvé le grain et l'enveloppe, qu'ils ont soumis à de multiples usages : des flotteurs pour la pêche avec les tiges évidées; des poupées, des masques, des nattes, des mocassins et des paniers avec les feuilles de l'enveloppe; des mets traditionnels avec les grains, comme des pains cuits sous la cendre ou une bouillie de maïs très élaborée, nommée sagamité.

Les feuilles écailleuses de l'enveloppe du maïs sont enroulées, tressées ou cousues selon l'objet désiré. Pour les poupées, ces feuilles sont pliées, assemblées puis tressées en partie. La barbe du maïs sert de cheveux. Ces poupées à l'image de femmes ou de guerriers peuvent aussi être habillées.

Le pain sans levain cuit sous la cendre est fait de farine de maïs, obtenue à partir de grains secs grillés ou bouillis, puis pilés et tamisés. La farine est pétrie avec de l'eau, additionnée parfois de haricots ou de petits fruits. Si elle n'a pas été protégée d'une enveloppe de maïs, ultime usage du voile de l'épi, la galette une fois cuite doit être rincée.

Le bouleau et sa précieuse écorce

S'il est un arbre dont l'écorce a servi à de nombreux usages – canots, paniers, appeaux etc. – ce ne peut être que le bouleau. Brune chez les jeunes arbres, toute blanche à maturité, l'écorce est cueillie de préférence à l'hiver, au printemps ou à l'automne, quand ses couches profondes peuvent également être détachées.

Les variétés de canots d'écorce reflètent la diversité des Premières Nations. Le canot cri est arqué, le canot micmac est bombé en son centre. Les canots algonquins et attikameks ont des extrémités pointues ou carrées et les canots des Malécites ont un rebord très ornementé.

L'écorce assemblée avec des racines d'épinette permet la fabrication des paniers et des appeaux, qui sont décorés de motifs animaux, végétaux ou géométriques. Le bois du bouleau n'est pas en reste dans ces travaux. Matériau privilégié pour fabriquer le cadre des raquettes, il est aussi employé pour les avirons, les outils et certains accessoires de table, y compris les couverts.

La vannerie

Foin d'odeur chez les Abénaquis, saule chez les Micmacs ou élyme des sables chez les Inuits, les végétaux sont inlassablement tressés ou tissés en paniers aux formes et aux dimensions les plus variées. Iris et sarracénie chez les Attikameks, marguerite et sapin baumier chez les Hurons-Wendats, on dirait qu'ils n'aspirent qu'à reprendre vie sur les paniers ou encore sur les vêtements, grâce à la broderie et au perlage. Ces motifs sont reproduits à l'aide de piquants de porc-épic, de poils d'orignal, de perles de verre ou de fils de coton.

Œuvrer le bois

Du frêne, les Micmacs, les Abénaquis, les Mohawks et les Hurons-Wendats tirent des lamelles, en battant du dos d'une hache une pièce préalablement entaillée. Les éclisses sont prélevées et, une fois assouplies, tressées en paniers aux formes et aux motifs variés : en damier, en diagonale, en croisé, en étoile ou tout autre dessin recherché.

De l'érable et du bouleau, les Mohawks, les Cris et d'autres Nations fabriquent un grand nombre d'objets incurvés. La pièce de bois est dégrossie à la tronçonneuse et à la hache, puis ouvrée au couteau. La vapeur ou l'eau chaude permettent de la plier et un moule sert à la fixer. Ces louches, hochets et pelles à neige sont parfois sculptés avec des effigies. De l'orme enfin, les Iroquoiens obtiennent un mortier à maïs en évidant la partie supérieure d'un tronc par carbonisation.

Au rythme du couteau croche

Mukutakan en innu, muuhkutaakan ou muuhkutaakin en cri, le célèbre « couteau croche » a depuis longtemps montré toute sa valeur et ses possibilités. Anciennement muni d'une incisive de castor, ce couteau à tout faire est aujourd'hui fabriqué avec une lame de métal incurvée, sur le plat et insérée dans un manche également courbe. Manié en rotation en le ramenant toujours vers soi, il permet de dégrossir, aplanir, arrondir, voire même polir et sculpter tous les bois.

Sous l'impulsion du couteau croche, le sapin baumier, l'épinette blanche ou le cèdre deviennent autant de membrures et de pièces de bordage nécessaires à la réalisation des canots. Le bouleau ou le mélèze acquièrent rapidement l'épaisseur et les formes voulues pour le cadre et les traverses des raquettes à neige. Au rythme des coups de couteau, l'épinette et le bouleau se transforment en traîneaux et toboggans, le cèdre et d'autres espèces, porte-bébés, ou tikinagan.

L'équivalent inuit est le couteau ulu, réservé aux femmes, qui sert à travailler les peaux ainsi que les nombreux couteaux et perçoirs d'hommes employés pour façonner les objets autrefois indispensables à la survie : harpons, traîneaux, structure de kayak en bois, en os ou en andouiller.

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