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Mon jardin

Havre de bonheur pour tout ce qui grouille

Année

2022

Votre jardin

Jardin pour les oiseaux

Témoignage

J’adore les oiseaux. Je les trouve beaux, j’aime les entendre chanter et les observer.
Lorsque j’ai acheté la maison, en 2005, la première chose que j’ai faite a été de me documenter sur la façon d’offrir un paradis, non seulement aux oiseaux, mais aussi aux insectes et autres bestioles qui tiennent autant à la vie que nous.
J’avais trouvé des articles sur la question. J’ai commencé par faire immédiatement enlever l’asphalte, le gravier et le ciment et j’ai remplacé tout cela par des plantes, qui allaient jusqu’à la bordure de la route. Puis j’ai planté une haie de près de 70 thuyas, qui sont gigantesques aujourd’hui, une aubépine pour les cénelles, un tamarix, un seringa, un « arbre sorcière » et des framboisiers. L’été, lorsque je suis dans le jardin et que j’entends les insectes bourdonner et les oiseaux chanter, je dis… au moins, mon jardin n’est pas silencieux, en pensant au livre de Stéphane Foucart Et le monde devint silencieux. J’ai plusieurs plates-bandes qui me servent de potager et me nourrissent une bonne partie de l’année. Je n’ai que très peu de gazon – seulement entre les plates-bandes, que je suis en train de remplacer tranquillement par de la mousse. Au total, j’ai 8 800 pieds carrés.
Aujourd’hui, j’ai énormément d’espèces d’oiseaux dans mon jardin. Ceux qui reviennent du sud au printemps s’installent dans les HOD (habitations pour oiseaux démunis – ils sont logés et nourris gratuitement). Au minimum, un thuya sur deux a un nid. Il faut entendre la cacophonie à la fin du mois de mai. Je m’émerveille en voyant que, malgré les grands vents, les nids ne tombent pas.
Tous les ans, un merle d’Amérique niche dans le seringa. Pour ne pas effrayer la mère, je ne sors plus par la cuisine, mais par la porte du fond.
Puis arrivent les colibris, qui profitent des vivaces aux couleurs qui les attirent, des crocosmia, des hibiscus rien que pour eux et des canas.
Ce que j’en retire, c’est un plaisir infini. Les oiseaux, c’est comme les plantes – c’est zen. C’est la meilleure façon de relaxer. Lorsqu’il fait chaud, je leur mets l’arroseur oscillant. Dès qu’ils me voient m’approcher du robinet, ils se mettent à pépier. « Dépêchez-vous! Dépêchez-vous! La vieille ouvre les jeux d’eau! » Et là, ils arrivent tous : les oiseaux, les papillons, les insectes, certains qui traversent l’eau en marchant, d’autres qui volent dans l’eau qui oscille. Je m’assieds sur la terrasse, je les regarde et je ris. Je ris en voyant les colibris se battre autour d’une même fleur de canas alors qu’il y en a plein partout. Je leur dis qu’ils sont aussi bêtes que les humains. Et il y a le petit colibri. Deux années de suite, un petit colibri est venu voleter à environ 70 cm de mon oreille gauche. Je suis certaine que c’est le même et qu’il me remerciait de tout ce qu’il avait chez moi.
Après une tempête, il y a trois ans, j’ai sauvé un oisillon merle d’Amérique. Je l’ai apporté au Nichoir. L’année suivante, un jour que je travaillais dehors, un merle d’Amérique perché dans un sapin a commencé à parler. Je lui ai répondu en l’imitant et nous nous sommes ainsi parlé pendant un très long moment. Ce manège a duré plusieurs jours. Je ne le comprenais pas. Mais peut-être que lui trouvait que je parlais oiseau avec un accent humain.
Mon jardin n’est pas orienté faune à 100 %, car je suis seule à entretenir tout cela et il faut que moi aussi, j’en retire un certain plaisir. J’ai donc mis du paillis pour ne plus avoir à désherber, mais je le remplace peu à peu par de la mousse. Je n’emploie aucun supplément, de quelque sorte que ce soit. Je rajoute de la terre à jardin tous les ans. Mes fleurs et mes potagers sont très heureux et me remercient en donnant en abondance.
Mon jardin attire évidemment une multitude d’insectes. Tant qu’ils butinent, je leur laisse les fleurs.
En résumé, les oiseaux peuvent nicher et s’abriter chez moi toute l’année, en toute sécurité. L’été, ils ont le choix pour se percher, de quoi se nourrir (vers de terre, moustiques, fleurs de tournesol, fruits, entre autres dans les vergers et bleuetières qui m’entourent). L’hiver, j’installe les mangeoires et des cages à graisse. Ils ont un bain d’oiseaux et je change l’eau régulièrement.
Peu à peu, mes voisins ont commencé, eux aussi, à fleurir leurs terrains. Je leur donne des tas de plantes, au printemps et à l’automne.

Emplacement du jardin

Saint-Antoine-Abbé