- Planétarium
Des astronomes du Planétarium de Montréal et de l'Institut Trottier de Recherche sur les Exoplanètes (IREx) de l'Université de Montréal ont découvert un nombre important d'objets célestes similaires à la planète Jupiter errant librement dans l'espace, sans étoile-hôte.
Ces objets, très difficiles à détecter, peuvent être étudiés en profondeur, par exemple avec le télescope spatial James Webb. En effet, l'absence d'une étoile-hôte permet de caractériser leur atmosphère avec un niveau de détail encore impossible pour les exoplanètes en orbite autour d'une étoile. Rappelons que le préfixe exo dans exoplanète désigne une planète à l'extérieur du Système solaire.
L'équipe scientifique a pu faire cette découverte en effectuant un recensement complet des familles d'étoiles proches du Soleil, jusqu'à une distance de 1 500 années-lumière. En connaissant depuis combien de temps ces « planètes » se refroidissent dans l'espace, on peut estimer leur masse, et donc identifier les cibles d'étude les plus prometteuses similaires aux planètes géantes gazeuses comme Jupiter.
Exoplanètes et planémos
Le terme « planémo » provient d'une contraction de l'expression anglaise « planetary-mass object » (objet de masse planétaire). Les planémos ont des propriétés très semblables aux exoplanètes, mais sans orbiter autour d'une étoile.
On a découvert les premiers planémos très récemment, il y a environ 20 ans, et nous ne disposons pas encore d'une définition officielle. C'est pourquoi ces astres sont parfois aussi appelés « planètes errantes ».
On ne sait pas comment la plupart des planémos apparaissent, mais les scientifiques suspectent qu'ils peuvent se former directement à partir d'un nuage de gaz froid, comme les étoiles. Il est aussi envisageable que certains aient déjà été en orbite autour d'une étoile, avant d'être éjectés.
Évolution et âge des exoplanètes
L'étude en question a non seulement détecté de nouveaux planémos, mais a aussi permis de déterminer précisément l'âge d'une centaine d'étoiles qui ont des exoplanètes connues en leur orbite. C'est une augmentation significative du nombre d'exoplanètes dont l'âge est connu avec une telle précision.
Ces exoplanètes serviront un peu comme un ensemble de photographies des systèmes planétaires à différents âges. Les scientifiques pourront ainsi mieux comprendre comment l'activité de leur étoile, leurs orbites et leurs atmosphères évoluent avec le temps.
Les résultats scientifiques complets de l'étude sont présentés dans un article accepté pour publication dans The Astrophysical Journal Supplement Series.
Scientifiques à l'origine de l'étude
Jonathan Gagné
Le chercheur et conseiller scientifique au Planétarium Jonathan Gagné est aussi professeur associé au Département de physique de l'Université de Montréal et membre associé de l'Institut de recherche sur les exoplanètes (iRex). Il travaille sur la découverte et la caractérisation de nouvelles associations d'étoiles jeunes, naines brunes, planémos et exoplanètes.
Leslie Moranta
Étudiante au doctorat, Leslie Moranta travaille au sein de l'IREx et du Planétarium de Montréal, sous la supervision de Jonathan Gagné. Elle a développé un algorithme afin de trouver dans le voisinage du Soleil de nouvelles associations de jeunes étoiles, qui sont des environnements propices à la découverte d'exoplanètes et de planémos, grâce aux données de la mission Gaia.







