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Sauvetage d’un emblème : le chardon de Mingan

Ensemencement du chardon de Mingan
Credit: Parcs Canada / C. Bélanger
Ensemencement du chardon de Mingan
  • Ensemencement du chardon de Mingan
  • Plant de chardon de Mingan en fleurs
  • Filets pour récolter les graines de chardon de Mingan
  • Sauvetage de plants de chardon ensevelis par une tempête
  • Rosette chardon de Mingan
  • Le chardon de Mingan vit sur la haute plage
  • Semis de chardon de Mingan âgés de quelques jours
  • Plants de chardon de Mingan cultivés à la pépinière du Biodôme, Jardin botanique de Montréal.
Sauvetage d’un emblème : le chardon de Mingan

Une plante isolée après un long voyage

Découvert en 1924 par le frère Marie-Victorin, le chardon de Mingan (Cirsium scariosum var. scariosum) est une espèce menacée au Québec. Au Canada, on ne le trouve que dans la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan, situé sur la Côte-Nord, ainsi que dans de rares prairies alpines à l’extrémité sud de l’Alberta et de la Colombie-Britannique. Environ 3500 km séparent ces deux populations. Cette plante aurait «voyagé» le long des glaciers pour rejoindre l’archipel de Mingan lors de la dernière glaciation, il y a de cela 10 000 ans.

Faire face à plusieurs menaces

Dans l’archipel de Mingan, on trouve cette espèce à la limite de la plage et de la forêt, un milieu fortement influencé par la mer. Avec le réchauffement climatique, la mer ne gèle presque plus, exposant les berges aux vagues puissantes lors des tempêtes. Au cours des dernières années, la plupart des sites où pousse le chardon de Mingan ont été sérieusement affectés. Les conséquences ont été l’érosion des plages ou l’ensevelissement des plants sous des débris (sable, roches, bois, végétaux) d’une épaisseur allant jusqu’à 50 cm. Le chardon de Mingan fait aussi face à d’autres enjeux comme le faible nombre de plants en fleurs, qui varie de 2 à 23 selon les années. Résultat : très peu de plants remplacent ceux qui meurent.

Ensemble pour sauver le chardon de Mingan

Le chardon de Mingan est une plante vivace qui fleurit une seule fois, puis meurt. Il met en moyenne neuf ans pour fleurir, mais certains plants vont vivre plus de 20 ans. Fait inusité : depuis 1995, les plants sont suivis individuellement. Eh oui, chacun possède une étiquette avec son numéro! Il est ainsi possible de connaître l’âge des plants et leur taux de survie.

À la suite de la baisse de plus de 70% du nombre d’individus entre 2011 à 2017, un comité d’experts provenant de différents organismes a été créé afin de déterminer les meilleures actions à mettre en place pour sauver cette espèce. Parmi ces méthodes proposées : dégagement des plants suite aux tempêtes, ensemencement de graines, recherche de nouveaux milieux propices à l’espèce, production de plants et de graines à l’extérieur du parc, etc. Le Gosling Institute for Plant Preservation de Guelph développe actuellement des méthodes de culture in vitro. Le sauvetage d’une espèce, c’est un travail d’équipe!

Semez l’espoir!

Les efforts de rétablissement du chardon de Mingan bénéficient également de l’expertise du Biodôme où l’on y développe des techniques de culture. On souhaite produire des graines destinées à être réintroduites en milieu naturel afin d’augmenter la quantité de semis dans les colonies existantes ou créer de nouvelles colonies dans des sites à l’abri des tempêtes. Le semis de 2017 a donné d’excellents résultats. La pépinière préserve actuellement plus de 40 plants qui pourraient fleurir et produire des graines dès 2019. Si tout se passe bien, quelques sites propices seront ensemencés l’automne prochain. Pas de doute, un vent d’espoir souffle pour le chardon de Mingan!

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