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Carnet horticole et botanique

Classification et nomenclature des plantes

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Toutes les plantes de la famille des Astéracées, comme ces marguerites, produisent des fleurs réunies en capitules.
Photo : Ville de Montréal / Espace pour la vie / Claude Lafond
Marguerite à feuilles en coin
  • Marguerite à feuilles en coin
  • Étiquette identifiant un cultivar de bégonia

La classification et la dénomination des êtres vivants sont essentielles pour étudier la biodiversité et pour faciliter la communication scientifique. On appelle cette science la taxonomie, ou taxinomie. Voici un aperçu de la façon dont on nomme et classifie les plantes.

Des regroupements hiérarchisés

Afin de bien ordonner les quelque 375 000 espèces de plantes connues sur Terre, les botanistes-taxonomistes les regroupent en catégories hiérarchisées d’après leurs liens de parenté génétique.

Ainsi, les espèces sont réunies en genres, les genres en familles, les familles en ordres, les ordres en classes, etc. Ces rangs taxonomiques peuvent comporter des subdivisions, telles que les sous-familles, les sous-espèces, etc.

Famille, genre et espèce : comment les distinguer?

Une famille regroupe des plantes différentes qui partagent des caractéristiques morphologiques héritées d’ancêtres communs. Par exemple, tous les membres de la famille des Astéracées (tournesols, marguerites, pissenlits, etc.) portent des fleurs réunies en capitule. Ce type d’inflorescence donne souvent l’impression d’être une seule fleur.

Chaque famille englobe généralement plusieurs genres, et ces derniers comprennent habituellement plusieurs espèces. Une espèce rassemble des plantes d'apparence semblable qui peuvent se reproduire entre elles et qui se distinguent d’autres espèces par des différences morphologiques et/ou génétiques.

L’espèce peut être subdivisée en sous-espèce, variété ou forme lorsque des variations mineures sont observées entre certains individus ou populations.

Hybrides, variétés et cultivars : quelles différences?

Hybrides naturels et artificiels

On retrouve aussi dans la nature des hybrides. Il s’agit de plantes résultant du croisement naturel entre deux individus appartenant à des espèces, sous-espèces, variétés ou même genres différents.

L’être humain peut aussi créer artificiellement des hybrides afin d’obtenir de nouvelles plantes présentant des combinaisons de caractéristiques inédites. Il est ainsi possible d’améliorer certains traits des végétaux en les hybridant :

  • diversité de coloris;
  • floraison prolongée;
  • productivité accrue;
  • meilleure résistance aux maladies, etc.

Le saviez-vous? Un hybride n’est pas un organisme génétiquement modifié (OGM). L’hybridation a toujours existé dans la nature et l’hybridation artificielle ne fait pas appel aux techniques de génie génétique.

Différencier les variétés botaniques et les cultivars

Il ne faut pas confondre variété botanique (naturelle) et cultivar.

Les variétés botaniques reflètent des variations morphologiques mineures observées chez certaines populations d'une espèce dans son aire de répartition naturelle.

Les cultivars résultent quant à eux d’une intervention humaine : ils sont issus de sélections ou d’hybridations artificielles. Par exemple, la tomate ‘Celebrity’ est un cultivar créé à la fin du 20e siècle par un hybrideur américain.

Le mot « cultivar » provient de la contraction des termes anglais cultivated variety (variété cultivée).

L’invention d’un système universel pour nommer les espèces

Au 18e siècle, le botaniste suédois Carl Von Linné propose d’employer deux mots latins pour désigner chaque espèce d’organisme vivant ou ayant vécu sur Terre. C’est la naissance de la nomenclature binomiale.

Le premier mot désigne le genre de l’espèce, le second son épithète spécifique. Ensemble, ils forment le nom de l’espèce. Par convention, ces deux termes s’écrivent en italique, avec une majuscule au genre. Par exemple, l’érable rouge se nomme Acer rubrum.

Dans les textes scientifiques, le nom de l'espèce peut être suivi du nom (ou de l'abréviation) de la première personne l’ayant décrite (par exemple, L. pour Linné).

Pourquoi utiliser le latin?

Les noms latins, ou noms scientifiques, sont universels : ils permettent à tous et à toutes de bien se comprendre, peu importe leur langue. À l’opposé, les noms communs, ou vernaculaires, varient selon les langues et les régions du monde.

Il est également préférable d’avoir recours au latin étant donné qu’une même espèce peut être connue sous plusieurs noms communs. Par exemple, le genévrier de Virginie (Juniperus virginiana) est aussi appelé genévrier rouge ou cèdre rouge.

Inversement, un même nom commun peut être employé pour désigner des espèces différentes. Ainsi, le nom merisier peut faire référence au bouleau jaune (Betula alleghaniensis), mais aussi au cerisier des oiseaux (Prunus avium). Enfin, certaines espèces ne possèdent pas de nom commun. L'emploi du latin permet ainsi d’éviter toute confusion.

Principales règles de nomenclature botanique

Plusieurs règles forment le Code international de nomenclature pour les algues, les champignons et les plantes. En voici quelques-unes :

Abréviations courantes

Les noms scientifiques comportent souvent des abréviations ou des lettres. Voici leur signification et la façon de bien les écrire.

- La sous-espèce (subsp. ou ssp.), la variété (var.) et la forme (f.) s’écrivent sans italique. Exemples :

  • Phragmites australis subsp. australis ou Phragmites australis ssp. australis
  • Viburnum opulus var. americanum
  • Berberis tunbergii f. atropurpurea

- La présence du symbole « x » dans un nom indique qu’il s’agit d’un hybride. Par exemple :

  • Iris x robusta (hybride entre l’Iris versicolor et l’Iris virginica)
  • x Laeiliocattleya (hybride entre les genres d’orchidée Laelia et Cattleya)

- Les abréviations « sp. » ou « spp. » sont parfois placées après le nom d’un genre. L’abréviation « sp. » signifie espèce et désigne une espèce indéterminée d’un genre, alors que « spp. » veut dire plusieurs espèces ou toutes les espèces d’un genre. Exemples :

  • Acer sp. : une espèce indéterminée d’érable
  • Acer spp.  : l’ensemble des espèces d’érable

- L’abréviation du mot cultivar est « cv. » (au singulier) ou « cvs. » (au pluriel). Par exemple :

  • Juniperus communis cv. : un cultivar indéterminé de genévrier commun
  • Juniperus communis cvs. : plusieurs cultivars de genévrier commun

Comment écrire les noms des cultivars

Le nom d'un cultivar s’écrit entre guillemets simples, sans italique (par exemple : Acer platanoides ‘Crimson King’), et ne doit pas être en latin. Les seules exceptions sont les anciens noms de cultivars qui étaient déjà en usage avant l’instauration de cette règle, comme ‘Roseum’, ‘Flore Pleno’, ‘Grandiflora’, etc.

Le cultivar peut également n’accompagner qu’un genre, comme Paeonia ‘May Apple’, s'il est issu de croisements impliquant plus de deux espèces.

Enfin, le nom du cultivar doit conserver sa dénomination d’origine. Que celle-ci soit en français, en anglais, en allemand, ou autre, elle ne doit pas être traduite. Par exemple, le Bergenia ‘Silberlicht’ ne devrait pas, en principe, être vendu sous le nom de Bergenia ‘Silver Light’. Cependant, plusieurs cultivars de dénomination étrangère sont traduits par l’industrie horticole.

Nommer les familles botaniques

En latin, les noms des familles botaniques se terminent par le suffixe « aceae » et s’écrivent en italique. En français, la terminaison est généralement « acée » au singulier, et « acées » au pluriel. Par exemple :

  • Le rosier est une Rosacée;
  • Le rosier fait partie de la famille des Rosacées;
  • Le rosier appartient à la famille des Rosaceae.

Certains anciens noms de familles botaniques demeurent toutefois couramment employés, par exemple Ombellifères (Apiacées), Légumineuses (Fabacées), Crucifères (Brassicacées) et Graminées (Poacées).

Quand les plantes changent de noms

La classification des végétaux évolue avec l'avancement des connaissances scientifiques. Il est donc assez courant que des plantes changent de noms. L’ancien nom devient alors un synonyme, indiqué par l’abréviation « syn. »

Voici un exemple de modification de nom avec la renouée du Japon :

  • Reynoutria japonica var. japonica, syn. Fallopia japonica

Vous en perdez votre latin? Les codes et les règles de la taxonomie peuvent en effet sembler complexes. Cependant, en décrivant, en nommant et en classant les plantes de façon précise et rigoureuse, les botanistes-taxonomistes contribuent à une meilleure compréhension du règne végétal.