- 6 Novembre 2013 - Insectarium : Actualités entomologiques
Il existe au Québec plus de 2900 espèces de papillons et toutes traversent l'étape de chenille au cours de leur cycle de vie. Pour se protéger des prédateurs, les chenilles ont développé de multiples stratégies. Un petit nombre possèdent des poils urticants, c'est-à-dire qui peuvent provoquer une irritation passagère.
Faut-il empêcher les enfants de toucher aux chenilles poilues?
Cela reste un choix personnel, qui varie selon le niveau de tolérance au risque de chacun. Il est très probable que les enfants (et les adultes) ne ressentent aucun inconfort après avoir manipulé les chenilles. Pour d’autres, l'ampleur de la réaction dépend de nombreux facteurs : la présence sur les poils (ou non) de substances irritantes, l'endroit du contact (peau, muqueuse...), les sensibilités cutanées individuelles, les allergies spécifiques. Depuis toujours, les enfants sont curieux de ces petites bêtes à l'allure de peluches. Il s'agit d'une saine curiosité. Il est toutefois sage de s'assurer que les enfants en bas âge ne portent jamais les chenilles poilues à leur bouche, car leurs muqueuses sont beaucoup plus sensibles. Et vous, dans votre enfance, vous avez aussi joué avec des chenilles poilues?
Les bienfaits du contact avec la nature : un autre facteur à considérer
Connaissez-vous le « syndrome de déficit nature »? Richard Louv, journaliste primé et auteur de huit livres traitant des liens entre famille, nature et communauté a créé cette appellation qui désigne les impacts de la diminution de contact avec la nature (et même tout simplement avec l’extérieur) sur la santé mentale et physique des enfants. Dans son livre « Last Child in the Woods », Louv établit des liens entre de nombreuses recherches scientifiques réalisées dans le monde et qui pointent vers le besoin inné des enfants de vivre des moments libres, dehors, confrontés à l’inconnu, pour se développer de façon équilibrée. François Cardinal, journaliste bien connu au Québec, reprenait ces constats en 2010 à la lumière de quelques études et de la situation observée spécifiquement dans notre province. Une des conclusions tirées de ces livres est que l’éloignement de la nature, ajouté à un accès à l’information pratiquement sans limites, entraîne un sentiment d’anxiété dans la population. On entend tout et son contraire, alors que l’expérience de première main fait défaut pour permettre de juger soi-même des risques réels.
Risque zéro
Bien entendu, le risque zéro n’existe pas. Quand on manipule une chenille poilue, on peut s’exposer à une réaction cutanée ou allergique, toute relative selon l’espèce de la chenille et la sensibilité de la personne qui la manipule. En contrepartie, de restreindre systématiquement nos enfants dans leur exploration de la nature risque à terme de développer une peur et une distanciation néfastes à leur développement. À vous de trouver l’encadrement juste, en fonction de votre enfant et de votre contexte.
Références :
- Richard Louv, Last Child in the Woods: Saving Our Children from Nature-Deficit Disorder (Algonquin Books of Chapel Hill, 2005)
- François Cardinal, Perdus sans la nature : pourquoi les jeunes ne jouent plus dehors et comment y remédier (Québec Amérique, 2010.)









