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Ces conifères à contre-nature

The tamarack's autumn foliage © Jardin botanique (J. Boutin)
Ces conifères à contre-nature

Au Québec, plusieurs d’entre nous sont parfois un peu tristes ou même déprimés lorsque la verdure estivale et les coloris d’automne font soudainement place à un mélange de grisaille et de blancheur pendant près de six mois…  Heureusement, nous pouvons au moins compter sur nos pins, épinettes, sapins, thuyas, pruches, ifs et genévriers pour verdir un tant soit peu nos paysages, sans oublier les fruits « décoratifs » demeurés sur les branches de nombreux arbres et arbustes.

Ces conifères perdent quand même certaines de leurs vieilles aiguilles à l’automne dans un processus naturel de sénescence (chute des feuilles) qui se produit souvent de manière inaperçue, plus ou moins à tous les ans selon les espèces. Quel arbre du Québec offre les coloris les plus tardifs à l’automne?

Si vous être très observateur, vous aurez peut-être déjà constaté que les derniers coloris présents à l’automne proviennent souvent d’un conifère et non d’un feuillu!  En effet, le mélèze laricin, un conifère indigène présent presque partout au Canada, possède la très rare particularité d’imiter le comportement des feuillus, soit d’avoir un cycle annuel comportant la chute de ses feuilles (souvent appelé aiguilles chez les conifères) à l’automne avant la période de dormance hivernale. Pourtant, posséder un feuillage à l’année représente un avantage certain dans les régions à saison végétative courte et à sols pauvres, habitats de prédilection des mélèzes. En effet, cette particularité permet d’allonger la saison de croissance et requiert moins d’éléments nutritifs au printemps puisque le feuillage est déjà présent.

Le feuillage caduc du mélèze est-il un non-sens ? une excentricité de la nature?

Pas vraiment, car dans les régions nordiques, le sol reste souvent gelé tard au printemps alors que l’air se réchauffe suffisamment pour entraîner des pertes d’eau par les aiguilles. Puisque l’eau présente dans le sol n’est pas disponible (elle est sous forme de glace), les mélèzes ont adopté comme stratégie de perdre leurs aiguilles pour contrer le dessèchement printanier.

Qu’en est-il des autres conifères ?

Ils ferment complètement leurs stomates, ces minuscules orifices à la surface des aiguilles qui servent à la respiration et à la transpiration des plantes. De plus, leurs aiguilles sont recouvertes d’une cuticule (une couche cireuse qui réduit les pertes d’eau) plus épaisse que chez le mélèze. Le mélèze n’est toutefois pas le seul conifère à perdre toutes ses aiguilles à l’automne.  Parmi les plus de 600 espèces connues de conifères sur Terre, moins d’une vingtaine d’entre elles possèdent cette très rare caractéristique.  Ce sont principalement les mélèzes (Larix), mais aussi les cyprès chauves (Taxodium), le Metasequoia, le cyprès chauve de Chine (Glyptostrobus) et le faux-mélèze (Pseudolarix). Vous pouvez observer actuellement ces curiosités de la nature dans les jardins extérieurs du Jardin botanique de Montréal.  

Cet article a été écrit avec la collaboration de François Ouellet, de la division communications d'Espace pour la vie.

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