Blogue

Plaines inondables, zones à risque

À part quelques exceptions, la plupart des arbres ne peuvent pas survivre à de longues périodes de submersion.
Credit: Espace pour la vie (Daniel Sauvageau)
Forêt inondée
  • Forêt inondée
  • Forêt inondée
  • Grand héron et perchaude
  • Grenouille Léopard
  • Tortues peinte de l'est
  • Oies des neiges
  • Couple de canards branchus
Plaines inondables, zones à risque

Les cours d’eau, gonflés par la fonte des neiges qui sortent de leur lit chaque printemps, peuvent occasionner d’énormes dégâts matériels aux résidences qui sont construites tout près. Ce phénomène saisonnier fait pourtant partie d’un processus naturel vital pour les écosystèmes de la plaine du Saint-Laurent que j’aimerais vous présenter ici.

Tout d’abord, les plaines inondables servent de zones tampons qui permettent de recevoir le trop-plein des cours d’eau. Elles abritent des écosystèmes bien adaptés à ces conditions changeantes avec leurs espèces particulières qui jouent un rôle important dans la vie du fleuve.

L’habitat inondable le plus fascinant de la vallée du Saint-Laurent est probablement la forêt d’érable argenté (Acer saccharinum). L’érable argenté et le frêne noir s’accommodent très bien des inondations. D’autres espèces ne peuvent cependant pas survivre à de longues périodes de submersion.

Les forêts d’érables argentés sont plutôt rares au Québec. Les dernières belles se trouvent dans les îles de l’archipel du lac Saint-Pierre.

Le lac Saint-Pierre, une pouponnière prolifique

Le lac Saint-Pierre est un élargissement naturel du fleuve Saint-Laurent peu profond (environ 3 m) entre les villes de Sorel-Tracy et Trois-Rivières. C’est la plus grande plaine inondable d’eau douce du fleuve Saint-Laurent.

Ses marais riverains et sa plaine d’inondation permettent la coexistence d’une faune très riche.  Plusieurs espèces de poissons, comme l’esturgeon et la perchaude, pondent dans les champs et les forêts inondés. Les alevins y vivent jusqu’au retrait des eaux. On peut aussi y entendre, tôt au printemps, l’assourdissant vacarme des rassemblements nuptiaux de grenouilles-léopards (Lithobates pipiens). Malheureusement, plusieurs de ces marais ont été transformés pour la culture de maïs et de soya. Ces terres ne sont donc plus propices pour la fraie, la période de reproduction chez les poissons.

Des recherches récentes ont identifié les herbiers du lac Saint-Pierre comme les aires de fraie principales de la perchaude (Perca flavescens). La réduction considérable de cet habitat pourrait bien être à l’origine de la quasi-disparition de cette espèce, forçant ainsi la fermeture d’une pêche commerciale très importante.

Une importante halte migratoire

Le lac Saint-Pierre est considéré comme la plus importante halte migratoire de l’est du Canada pour la sauvagine (les oiseaux aquatiques sauvages). Les terrains inondés offrent un vaste choix d’habitats aux diverses espèces d’oies et de canards qui peuvent y attendre à leur aise le dégel des lacs et des marais du Bouclier canadien.&

Si la plupart de ces oiseaux poursuivent leur voyage vers le nord pour aller s’y reproduire, plusieurs passent l’été au lac Saint-Pierre et y élèvent leurs petits. La forêt inondable de La Grande Île abrite d’ailleurs la plus grande héronnière en Amérique du Nord, soit 1 300 couples reproducteurs de Grands Hérons et de bihoreaux gris.

Écosystèmes en péril

Les plaines inondables et autres milieux humides sont des écosystèmes essentiels pour la vie du fleuve Saint-Laurent ainsi que pour les oiseaux migrateurs.

Si les terrains en bordure de l’eau sont très attrayants pour la construction d’habitations ou pour l’agriculture, cet aménagement se fait au détriment de l'écosystème, qui est maintenant gravement menacé. On évalue que 70 % de ces milieux humides, si importants pour le maintien d’un écosystème dynamique et en santé, ont disparu au cours des 50 dernières années. De plus, on considère que cette situation risque de s’intensifier à cause des changements climatiques.

C’est donc un habitat qu’il est essentiel de protéger pour notre bien-être et celui de notre environnement. Malheureusement, nous commençons peut-être à payer le prix de notre insouciance.

Référence :

« Le lac Saint-Pierre, un joyau à restaurer », gouvernement du Québec, 2013.

Vous souhaitez vous impliquer?
Abonnez-vous à l'infolettre À nous d'agir

Partager cette page

Articles qui pourraient vous intéresser

Suivez-nous !

Abonnez-vous pour recevoir par courriel :
Ajouter un commentaire
Portrait de Anonymous