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Territoire nordique : taïga et toundra

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La végétation de la toundra ne se compose plus que d'arbres nains, d'arbustes, de baies et d'herbes
Crédit photo : Jardin botanique de Montréal (Gilles Murray)
La toundra
  • La toundra
  • Eriphorum sp.

Les gardiens du nord

Inuits, Cris, Innus et Naskapis, ils ont choisi depuis toujours le Nord pour sa blancheur sans égale l'hiver et pour la myriade de ses couleurs l'été. Inuit, Iyiyuu, Innuat, « Autochtones, êtres Humains » et Naskapi, « Gens de l'endroit au-delà de l'horizon » sont leur nom comme si le vaste pays qu'ils habitent ne saurait être sans la présence humaine et son inscription.

Au-delà des forêts, dans la toundra, au socle de roc, au tapis végétal très bas, vivent les Inuits, de la famille culturelle esquimaude-aléoute, qui s'étend du Groenland à la Sibérie, en passant par l'Alaska. En deçà de la ligne des arbres, dans la taïga, à la forêt ouverte d'épinettes noires, au sol spongieux couvert de lichens et de mousses, vivent les Cris, les Innus et les Naskapis, les représentants les plus nordiques de la famille des Algonquiens.

Dans des villages dispersés le long des côtes, les Inuits pratiquent encore la chasse au phoque et au caribou, la pêche au saumon et à l'omble, la cueillette de camarine et de bleuets. Dans la taïga et la toundra forestière, répartis à l'intérieur des terres comme sur la côte, les Algonquiens exploitent le caribou, le castor et l'ours noir, le brochet et les salmonidés, et les petits fruits sous le couvert forestier.

Le dernier repos des arbres

Des forêts clairsemées qui abritent les Algonquiens à la véritable toundra du pays des Inuits, les arbres se dénudent, se rabougrissent, deviennent nains, jusqu'à se confondre ultimement avec la terre qui les a nourris. Si les épinettes noires de la toundra forestière font encore songer aux anciens enclos à caribou, maanikin (en langue naskapie), longs couloirs formés de troncs d'arbres permettant de diriger la harde vers un enclos, la véritable toundra séduit par sa nudité. Les inutsuk des Inuits, des monticules de pierre à forme humaine, y ont remplacé les épinettes noires. Ils servaient aussi, autrefois, en alignement, à canaliser le gibier.

La végétation de la toundra ne se compose plus que d'arbres nains, d'arbustes, de baies et d'herbes. Ce sont les nunajait, ou « choses de la terre », qui ont toutes leur utilité. Les chatons de uqaujarlaq, un saule, sont mélangés à l'huile de phoque et consommés. Les feuilles de paurngaq, la camarine noire, sont employées en guise de thé. Suputik, la linaigrette, peut servir de mèche pour les lampes à l'huile en stéatite. Sur le littoral enfin, dernier repos des arbres, échoue du bois flottant à la dérive, provenant on ne sait d'où. Il était jadis utilisé pour construire les traîneaux et les embarcations inuits, dont le kayak, à une ou deux places, et l'umiak, qui peut compter jusqu'à vingt places.

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