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S’engager pour la biodiversité

Vandana Shiva Ph. D., éco-féministe et fondatrice de Navdanya. Stanley Asah Ph. D., professeur agrégé en psychologie de la conservation. Anne-Sophie Gousse-Lessard Ph. D., chercheuse en psychologie sociale et environnementale et citoyenne engagée. Matthieu Ricard Ph. D., auteur et initiateur de projets humanitaires.
Credit: Espace pour la vie
S’engager pour la biodiversité
S’engager pour la biodiversité

La pause forcée par la pandémie pourrait être le point de départ vers une meilleure affinité entre l’humain et la nature.

Dans plusieurs coins du monde, le ralentissement provoqué par la pandémie est visible : les humains ont délaissé les centres urbains et se déplacent beaucoup moins, les animaux semblent prendre leurs aises dans les rues et la qualité de l’air est meilleure. L’écologiste militante Vandana Shiva, l’une des conférencières invitées au panel « Activer le potentiel humain en faveur de la biodiversité » organisé par Espace pour la vie et le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique de l’ONU, mentionnait qu’avec ce ciel moins pollué, elle voyait maintenant le sommet de l’Himalaya situé à 300 km de chez elle, à Delhi. Ces changements ne la surprennent guère, car « la nature possède cette capacité d’être résistante et de rebondir très vite », soutient-elle.

Selon l’écologiste, la biodiversité fait partie des solutions contre les problèmes de santé, dont les prochaines pandémies. Par exemple, l’étalement urbain et la déforestation augmentent les chances de transmission d’une maladie d’un animal à l’humain. Comme plusieurs recherches l’ont démontré depuis une vingtaine d’années, la biodiversité et le bien-être de l’humain sont liés ensemble. Malgré cela, la perte de biodiversité se poursuit à grande vitesse.

Les autres experts invités à ce panel soulignent que les actions collectives en faveur de l’environnement peuvent être un moteur de changement. Pendant cette pandémie, on a d’ailleurs vu qu’il était possible de diminuer grandement les émissions de gaz à effet de serre en limitant les déplacements en automobile et en avion. Mais encore doit-il y avoir la bonne motivation pour réaliser ces actions à long terme, prévient Stanley Asah, professeur associé en sciences de l’environnement et des forêts à l’Université de Washington. « La COVID a donné cet élan nécessaire, mais il faut s’assurer de continuer à travailler et à aller de l’avant. Pendant la pandémie, les gens sont devenus conscients de l’importance de cette connexion à la nature et l’apprécient davantage. C’est une motivation qui pourrait nous aider à faire les choses différemment dans l’avenir », explique-t-il.

S’émerveiller et agir

Pour stimuler cette action citoyenne envers la biodiversité, Anne-Sophie Gousse-Lessard, chercheuse postdoctorale en psychologie sociale et environnementale à l’UQAM, lance quelques pistes à ceux qui militent pour l’environnement, dont celle de fournir des outils et d’accompagner les gens dans leurs démarches pour devenir des éco citoyens épanouis. « Au lieu de mettre de l’avant les problèmes à régler, il faut plutôt parler d’un rapport positif à la nature et passer par l’émerveillement et la découverte pour comprendre que l’humain fait partie d’un système plus grand que lui-même ».

Matthieu Ricard, moine bouddhiste et instigateur de plusieurs projets humanitaires et de protection de la nature, souligne qu’en étant admiratif face à l’environnement, un comportement plus altruiste en résulte. « Si vous êtes émerveillé par la part sauvage du monde, vous allez respecter ce qui vous émerveille et non pas le saccager. »

Amener la nature en ville

Devrait-on repenser l’aménagement des villes pour être plus près de la nature? C’est l’une des réflexions amenées par Stanley Asah. Il pointe en exemple les villes d’Allemagne. « La plupart des villes allemandes sont petites. L’espace écologique est tout autour. Et lorsque la nature est présente en milieu urbain, il se crée un fort sentiment d’appartenance à la communauté. Plus la ville est grande, moins ce sentiment est fort. » Planter des arbres, miser sur les énergies renouvelables et construire des bâtiments moins énergivores… la transition vers un modèle plus vert après la pandémie est présentement en branle dans plusieurs centres urbains.

Déjà, des mégapoles comme Mexico, New York, Paris, Berlin et Montréal saisissent cette occasion de reprise économique « verte » en libérant un plus grand espace pour les cyclistes et les piétons. D’une part, pour respecter la distanciation physique, mais aussi dans le souci de garder un environnement et une qualité de l’air que les citoyens des grandes villes ont retrouvé pendant le confinement. Chose certaine, la pandémie façonnera le design des villes futures.

À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, le 5 juin 2020, dont Montréal était la ville hôte pour l’Amérique du Nord, Espace pour la vie et le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique de l’ONU organisaient l'événement "Activer le potentiel humain en faveur de la biodiversité" pour réfléchir et imaginer l’avenir de notre planète ainsi que la cohabitation entre les espèces, dont l’humain fait partie. Dans ce cadre, quatre panélistes d’horizons différents étaient conviés afin d'aborder le thème du potentiel humain pour identifier des solutions et changer le cours des choses.

  • Anne-Sophie Gousse-Lessard Ph. D., chercheuse en psychologie sociale et environnementale et citoyenne engagée
  • Matthieu Ricard Ph. D., auteur et initiateur de projets humanitaires
  • Stanley Asah Ph. D., professeur agrégé en psychologie de la conservation
  • Vandana Shiva Ph. D., éco-féministe et fondatrice de Navdanya
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